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Prix littéraire le BN

Une rencontre unique avec Alain Mabanckou

Par Les Documentalistes, publié le lundi 19 février 2018 13:40 - Mis à jour le mardi 20 février 2018 14:55
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Une quarantaine de lycéens ont eu le privilège de s'entretenir avec le directeur artistique d'Atlantide vendredi 16 Février. Ambiance détendue pour une rencontre mémorable !

Le vendredi 16 février les élèves engagés dans le BN (une quarantaine au total) ont eu la chance de rencontrer Alain Mabanckou, auteur de Petit Piment et directeur artistique du festival des littératures Atlantide.

12h15, nous nous rendons à l'étage du Lieu Unique, au Salon de Musique, une rencontre presque intime pour nos élèves ainsi qu'une classe de seconde du lycée Camus, un privilège aussi tant l'auteur est sollicité et son programme chargé pour les trois jours à venir.

L'homme, généreux, ouvert, souriant a toute de suite mis les élèves en confiance et l'échange s'est poursuivi durant une heure dans une atmosphère détendue et bon enfant ponctuée d'éclats de rire de l'auteur et du public.

« Ecrire pour donner envie... »

Ainsi on apprend qu'enfant il avait pour projet d'écrire de la bande dessinée, « un superman noir par exemple » , mais à la demande de sa mère il suit des études de droit pour devenir avocat ou juge, « c 'est plus sérieux ».

Au décès de sa maman, il abandonne assez rapidement ses études au profit de l'écriture.

Son premier roman  Quand j'aurais vingt ans  porte sur l'enfance.

Sa façon d'écrire :

Il dépose dans un dossier « poubelle » sur son son PC les textes qu'il « abandonne », il lui arrive de revenir les chercher et les reprendre (ex : Petit Piment)

... « l'écriture consiste à bien savoir chercher dans les poubelles »...

Son opinion sur le livre numérique :

Il n'a jamais réussi à finir un livre numérique, il préfère le livre papier et apprécie tout particulièrement le livre audio lors de ses déplacements (train, avion).

Trois de ses romans sont édités en format audio (Petit Piment , Lumière de Pointe Noire et Quand j'aurais vingt ans).

 

L'homme est un conteur né, ses propos captivent les jeunes comme les adultes. Il choisit des images surprenantes pour parler de l'écriture, « L'écriture c 'est comme une activité de boulangerie.»

Les romans qui l'ont marqué :

L'étranger d'Albert Camus, Le Vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway, et L'enfant noir de Camara Laye. C'est pour lui l'occasion d'en recommander la lecture auprès de son jeune public.

Le cours de lingala :

Le héros de son roman est surnommé Petit Piment en raison de son nom kilométrique impossible à prononcer pour nous : Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko qui signifie Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres.

Après quelques propos sur l'importance et le poids de l'oralité dans la culture congolaise, il demande par jeu aux jeunes présents de prononcer le prénom du héros en lingala. Après de nombreuses tentatives et beaucoup de rires avec l'auteur, deux lycéens parviennent finalement à prononcer le nom du héros en lingala (langue bantoue parlée au Congo d'où est originaire Alain Mabanckou).

« Chez nous, un nom donne un destin. » 

Alain Mabanckou enseigne la littérature française et africaine à l'université de Los Angeles (UCLA)

Il pratique aussi la guitare, écrit des essais, des textes aussi à la demande, pour le chanteur et écrivain Gaël Faye par exemple, s'intéresse beaucoup à la musique, il produit des artistes à l'occasion.

Il a également un projet de film « Black bazar », prêt à sortir s'il trouve un financement.

Il écrit toujours en français, vient de terminer son dernier roman qui devrait paraître cette année.

Écrire un nouveau roman lui prend trois à quatre ans.

La rencontre touche à sa fin, il invite alors « ses petits frères » et « ses petites sœurs «  à le rejoindre pour faire des selfies, c'est alors un joyeux brouhaha sur la scène : échanges, photos, dédicaces et mots gentils. C'est indéniable Alain Mabanckou a conquis son jeune public et nous aussi !

Chantal Boësme

 

 

 

« Je considère les rencontres insolites, les lieux, les voyages, les auteurs et l’écriture comme un moyen de féconder un humanisme où l’imaginaire serait aussi bariolé que l’arc-en-ciel et nous pousserait à nous remettre en question. » Alain Mabanckou

Sources des images :

CDI lycée Appert

https://www.facebook.com/atlantide.nantes/photos/